“Il suffit de gravir les montagnes, en Apuanie, et le paysage lui-même se prête à être le cadre de visions. Le marbre lui-même est un fourmillement de vie marine, de sédiments carbonatés produits dans ce qui était autrefois des récifs coralliens. Ces couches, marquées par des lignes obliques et parallèles, des veines sous la peau que le travail millénaire des carrières a mises à jour et fait remonter à la surface, en vous les jetant au visage, ces couches de marbre sont vivantes, profondément vivantes, et cette blancheur qui vous éblouit est comme une concentration hypnotique de vie. La mer, ici, est déjà incluse dans la montagne”. Ces lignes écrites par Marco Rovelli dans son livre Il contro in testa suffiraient peut-être à elles seules à décrire comment la montagne a forgé l’esprit et le cœur des habitants de l’actuelle province de Massa-Carrara. Ce sont les montagnes, majestueuses et silencieuses, qui sont l’âme de cette terre. Les montagnes qui dominent Carrara, Massa, toute la Lunigiana. Dans la province la plus septentrionale de la Toscane, les Alpes Apuanes rencontrent lesApennins toscano-émiliens et créent une symphonie de paysages allant des pics rocheux aux douces pentes boisées. Un élément du paysage, une présence pleine de vie, un symbole qui englobe l’histoire, les récits, la culture de la province de Massa-Carrara.
Les Alpes Apuanes se présentent comme un ensemble de pics aigus, de parois rocheuses et de vallées profondes qui semblent presque sculptées par la main d’un artiste. Le marbre des Apuanes a façonné l’histoire et l’économie de cette terre depuis des millénaires. Utilisé depuis l’époque romaine, le marbre de Carrare a donné naissance à des chefs-d’œuvre immortels : il suffit de penser aux œuvres de Michel-Ange. Aujourd’hui encore, les carrières de marbre sont un élément fondamental de la vie locale, l’âme d’une industrie qui continue à se tourner vers l’avenir sans oublier ses racines. Ensuite, après les crêtes des Alpes Apuanes, au nord de Carrare, nous arrivons en Lunigiana où s’élèvent les douces montagnes des Apennins toscano-émiliens. Ici, le paysage change radicalement : les parois rocheuses des Apuanes sont remplacées par de douces pentes couvertes de forêts de hêtres, de châtaigniers et de chênes, entrecoupées de pâturages et de petits villages perchés sur les sommets, accrochés aux crêtes des montagnes. Les villes qui jalonnent les Apennins, comme Pontremoli, Fivizzano et Zeri, conservent un charme ancien fait de rues pavées, de maisons en pierre et de traditions transmises de génération en génération. Les villages de montagne sont de petits trésors d’histoire et de culture. Pontremoli, avec son château Piagnaro, le musée des statues stèles, les édifices baroques qui témoignent de la période de grande richesse qu’a connue la ville au XVIIe siècle, est un lieu où le passé étrusque et médiéval se mêle à la vie moderne. Fivizzano, la “Florence de la Lunigiane”, étonne par ses élégantes places et ses édifices de la Renaissance qui recèlent des traces du passé qui liaient la ville au Grand-Duché de Toscane. Zeri, en revanche, est un exemple d’authenticité montagnarde, où la vie s’écoule lentement et où les traditions locales, telles que la production de fromage, la récolte de châtaignes et l’élevage de moutons, sont encore vivantes. Ici, la montagne n’est pas seulement un lieu à explorer : c’est un mode de vie. La vie dans les Apennins est rythmée par la nature et les anciennes traditions agricoles perdurent encore aujourd’hui.
La montagne est une présence constante et incontournable pour les habitants de la côte apuane et de la Lunigiana. Elles influencent le climat, les activités économiques et même le rythme de la vie quotidienne. Leurs ressources, comme le marbre des Alpes apuanes ou les châtaignes des Apennins, constituent la subsistance et la richesse de cette terre depuis des siècles et ont créé un lien direct entre la montagne et les personnes qui y vivent. La vie en montagne n’a jamais été facile : le climat rude, le terrain escarpé et les difficultés de communication ont exigé une extraordinaire capacité d’adaptation. Cette même force se reflète dans la ténacité et la fierté des communautés locales. Les terres montagneuses de la Lunigiana et des Apuane ont également préservé leurs traditions culturelles et gastronomiques, les isolant des changements soudains apportés par la modernité. Les coutumes anciennes parviennent à survivre ici grâce au lien avec ce paysage de montagne qui les protège et les maintient en vie. Pour de nombreuses communautés locales, les montagnes sont également des lieux sacrés. Le Monte Sagro, par exemple, était déjà vénéré par les anciens Ligures comme un lieu mystique. Aujourd’hui encore, la montagne est perçue non seulement comme un lieu physique, mais aussi comme un espace dans lequel l’homme peut s’approcher de la transcendance, trouver la paix et la connexion avec quelque chose de plus grand que lui.
On peut dire que l’histoire de l’Italie est passée entre les Alpes Apuanes et la Lunigiana : la position des montagnes Apuanes et Lunigiana a fait de ce territoire une zone frontalière, un carrefour de peuples et de cultures, mais aussi une voie de communication stratégique pendant de nombreux siècles. À l’époque romaine, le territoire constituait la frontière entre la région VII de l’Étrurie et la région IX de la Ligurie, une séparation non seulement géographique mais aussi culturelle. Les montagnes Apuo-Lunense formaient alors une ligne de défense naturelle: tout au long de l’histoire, elles ont été utilisées comme une défense naturelle contre les invasions et les attaques, agissant comme un rempart pour protéger les populations locales. Au Moyen Âge, les routes de la Lunigiana étaient parcourues par des voyageurs, des pèlerins, des marchands et des soldats qui empruntaient ces chemins pour passer du nord de l’Italie à Rome et vice-versa. Les cols de montagne, comme le col de la Cisa, étaient essentiels pour franchir la barrière des Apennins. De là partaient les routes du sel qui servaient à transporter le précieux minerai de la mer Ligure vers le nord, en direction de la plaine du Pô et des villes d’Émilie et au-delà.
La position de la frontière a fait d’une grande partie du territoire de l’actuelle province de Massa-Carrara une terre disputée entre différentes entités politiques, des Lombards aux Ducs de Lucques, des Malaspina aux Médicis. Cette position de carrefour a enrichi le territoire, mais a aussi rendu ses habitants fiers, orgueilleux, ardents défenseurs de leur culture, souvent fermés et méfiants, mais toujours attachés à leur terre. Aujourd’hui encore, le paysage apuano-lunense, parsemé de châteaux et de fortifications (du château Piagnaro à Pontremoli au château Malaspina à Massa, de la forteresse Brunella à Aulla à la tour Castruccio à Avenza di Carrara, sans oublier les nombreux châteaux de Lunigiana : Fosdinovo, Terrarossa, Malgrate, Castiglione del Terziere, Tresana et bien d’autres), construits pour contrôler les cols et défendre le territoire, témoigne du rôle stratégique qu’a joué toute la région dans le passé. La position stratégique de Massa-Carrara a fait de cette terre un protagoniste de rencontres et d’affrontements, la transformant en un lieu de richesse culturelle et historique. Aujourd’hui, les cols et les villages de la province racontent cette histoire de passages, de rencontres et de résistance, en s’adressant aux visiteurs qui souhaitent découvrir une région où la montagne n’est pas une simple barrière, mais un pont entre le passé et l’avenir.
Les montagnes de Massa-Carrara sont également profondément liées à l’art et à la culture de cette province, à tel point qu’elles sont devenues elles-mêmes des muses et des matériaux pour des chefs-d’œuvre immortels. Ce lien se reflète dans divers lieux, musées, palais et églises du territoire, où le marbre, les traditions et les paysages de montagne deviennent des protagonistes. Du musée du marbre de Carrare, qui célèbre l’importance du marbre des Apuanes dans l’art et la culture (il est possible de découvrir comment le marbre a été extrait des montagnes et transformé en œuvres d’art depuis l’époque romaine, avec une exposition d’objets archéologiques), à l’église de Carrare, en passant par le musée de l’artisanat.), aux carrières elles-mêmes, où l’on peut visiter les lieux où l’on “creuse” la montagne et comprendre comment son matériau a donné naissance à des sculptures, des bâtiments et des monuments dans le monde entier. Et puis, les lieux disséminés sur le territoire qui offrent un témoignage vivant de ce lien : la cathédrale de Carrare, par exemple, est l’un des plus beaux exemples du lien entre le marbre de montagne et l’art sacré. La façade est entièrement construite en marbre des Apuanes, tandis qu’à l’intérieur, on peut admirer des œuvres en marbre qui reflètent la beauté et la pureté du matériau. À Massa, le Palais Ducal, qui était la résidence de la famille Cybo-Malaspina, seigneurs de ces terres, le marbre des Apuanes a été utilisé pour décorer les intérieurs et les extérieurs, montrant comment le matériau des montagnes a influencé l’art et l’architecture de la Renaissance et du Baroque.
En montant à Pontremoli, nous visitons le musée des statues-stèles, qui conserve les statues-stèles, mystérieuses sculptures préhistoriques en pierre réalisées par les premiers habitants de la montagne : ces figures anthropomorphes témoignent d’un lien spirituel et artistique millénaire avec le paysage montagnard. Et puis il y a Fivizzano, un village riche en art et en culture, où les pierres locales ont été utilisées, comme dans tous les villages et châteaux de la Lunigiana, pour façonner le territoire. Ce lien entre la montagne et l’art est toujours vivant : au centre de Carrara, le Parco della Padula accueille des œuvres d’art contemporaines qui dialoguent avec le paysage, des sculptures en marbre exposées dans un cadre naturel qui nous rappellent la relation indissociable entre l’art et la nature que ces terres ont toujours vécue comme faisant partie d’elles-mêmes. Dans tous les coins de la province de Massa-Carrara, des carrières monumentales aux villages médiévaux, l’art et la montagne s’entrelacent dans un dialogue éternel, offrant à tous ceux qui viennent ici l’occasion de découvrir comment la nature peut devenir art et comment l’art peut donner une voix à la nature.
Les montagnes ne sont pas seulement un élément du paysage, mais un symbole de résilience et d’identité pour les communautés qui vivent à leurs pieds. Pendant des siècles, ces montagnes ont représenté une barrière physique et culturelle, mais aussi une source d’inspiration et de protection. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les montagnes de Massa-Carrara ont été le théâtre d’événements dramatiques : la ligne gothique traversait ces terres, et ce qui s’est passé sur ces montagnes a laissé de profondes cicatrices, mais pas seulement : l’histoire de la Résistance s’est faite courageusement sur ces terres. Aujourd’hui encore, les sentiers de montagne racontent des histoires de liberté et perpétuent le souvenir de ces jours difficiles.
Il ne faut pas non plus oublier que les montagnes de Massa-Carrara ont toujours inspiré les artistes, les poètes et les écrivains. Leurs formes imposantes et leurs paysages changeants ont été célébrés dans des œuvres d’art et de littérature, et continuent d’être une source d’inspiration pour tous ceux qui les visitent. Les Alpes Apuanes ont notamment inspiré des poètes comme Gabriele D’Annunzio, qui a célébré leur beauté dans ses œuvres. Couronne marmoréenne de pics menaçants, les grandes Alpes apuanes règnent amères, de leur orgueil assumé" : c’est l’un des nombreux vers sur les Alpes apuanes que l’on trouve dans l’Alcyone. Mais les montagnes n’inspirent pas seulement les artistes : pour ceux qui vivent sur ces terres, elles représentent un lien profond avec leur histoire, leur culture, un lien avec la nature et un appel à la simplicité et à l’authenticité. Elles sont l’âme de ce territoire, le symbole d’une histoire millénaire et d’une culture ancrée dans la nature.
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Des Alpes Apuanes aux Apennins, entre les montagnes de Massa-Carrara et de Lunigiana |
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