Le défi du ministère ? Faire grandir les petits musées". Alessandra Guerrini (Musei Liguria) s'exprime


Nouveau volet de notre enquête sur les musées régionaux du MiC. Selon Alessandra Guerrini, directrice des Musées de Ligurie, le défi est de faire grandir les petits musées. Ils devraient bénéficier d'une autonomie financière.

“Le défi est de faire grandir les petits musées, d’en faire des pôles sur les territoires du Système des Musées Nationaux”. Tel est, selon Alessandra Guerrini, responsable de la nouvelle Direction régionale des musées nationaux de Ligurie, l’objectif principal de la dernière réorganisation du ministère de la Culture qui a conduit à la création des nouvelles Directions régionales des musées nationaux (DrMn). Et pour y parvenir, la vitesse supérieure, par rapport aux intentions similaires qui ont accompagné la création des pôles muséaux d’alors, il y a plus de dix ans, sous l’ère Franceschini, devrait être assurée par l’autonomie financière qui leur est reconnue pour la première fois. Cette dernière représente également, dans un certain sens, un “test” pour mesurer le niveau de responsabilité administrative des gestionnaires. Si, d’une part, l’avantage de conserver et de réutiliser les recettes provenant des activités de gestion du patrimoine, telles que les droits d’entrée, les redevances de concession, les diverses prestations payantes, etc. permet d’accélérer les procédures liées à la comptabilité ou à l’encaissement de fonds provenant de particuliers, d’autre part, la gestion par le biais du budget entraîne une grande complexité.

Comme les autres directeurs entendus jusqu’à présent, Fabrizio Sudano pour la Calabre, Valentina Uras pour la Sardaigne et Filippo Demma pour la Basilicate, Guerrini ne connaît pas non plus les raisons (il n’y a “pas de document de programme sur le sujet”) qui ont conduit à la distinction entre des directions régionales qui restent indépendantes, dédiées à une région entière, comme en Campanie, dans le Latium et en Lombardie, et des directions qui sont dirigées par autant d’instituts autonomes, comme en Ombrie, dans les Pouilles et en Émilie-Romagne. Nous procédons par hypothèse. Pour Guerrini, “la logique générale est de créer des réseaux plus petits et plus faciles à gérer”, qui partagent également le personnel (manquant), et pour lesquels “la contribution des régions pour les soutenir” serait utile. D’ailleurs, la nouvelle dénomination des “pôles” avec l’ajout du terme “national” a également permis d’éviter le malentendu selon lequel les directions des musées sont des branches de l’État sur une base régionale, et non pas précisément des instituts des régions. L’utilisation du mot “national”, et non “étatique”, est évidemment intentionnelle, puisque les deux termes, bien que souvent utilisés de manière interchangeable, ont des significations différentes.

La Ligurie a un avantage dans ce scénario, car elle était déjà reliée au musée autonome de la région en la personne d’un seul directeur. Treize sites, parmi lesquels des musées, des galeries, des châteaux et des sites archéologiques, font partie du DrMn Ligurie, du palais royal de Gênes à la galerie nationale de Palazzo Spinola ; du musée préhistorique “Balzi Rossi” et de la zone archéologique de Vintimille (Imperia) au musée archéologique national et au parc archéologique de Luni (La Spezia) ; de la forteresse de Castruccio Castracani et de la forteresse Firmafede, toutes deux situées à Sarzana (La Spezia), au château de San Terenzo (La Spezia). Une optique de réseau donc, même si la comparaison entre les directeurs, telle qu’elle est apparue dans les entretiens précédents (mais aussi dans ceux de l’enquête sur les musées autonomes), est le plus souvent laissée à l’initiative informelle des individus.

Alessandra Guerrini. Photo : Fabio Bussalino
Alessandra Guerrini. Photo : Fabio Bussalino

MS. Parmi les nouveautés introduites en 2014 par la réforme Franceschini, les “pôles muséaux régionaux” se sont immédiatement révélés être les points faibles de la réorganisation ministérielle. Selon vous, quels étaient les points critiques de ces structures ?

AG. Il s’agissait de structures construites pour être identiques mais en réalité très différentes ; certaines, dans les régions les plus grandes et les plus riches, rassemblaient des dizaines et des dizaines de musées, tandis que d’autres, dans des régions plus petites ou moins riches, rassemblaient plus raisonnablement un petit groupe de musées disséminés sur le territoire. Tous les pôles, cependant, ont rassemblé des biens très différents, de la paroisse au sommet de la colline au grand château, du petit site archéologique dans la campagne aux musées de taille moyenne, grande ou très grande, comme le Cenacolo. Des biens qui étaient jusqu’alors gérés par les trois différentes surintendances spécialisées et qui relevaient donc de systèmes de gestion et de cultures institutionnelles souvent différents, qu’il fallait harmoniser. La mémoire d’une institution est longue et un tel changement a pris des années à se métaboliser. Ajoutez à cela le fait que, si les musées autonomes recevaient des dotations financières importantes pour leur fonctionnement, ce n’était pas le cas des pôles régionaux, riches en musées précieux qui forment le tissu généralisé de l’Italie, mais incapables de se maintenir.

En 2019, les “directions régionales des musées” ont-elles changé, hormis la nouvelle formulation ?

En substance, je dirais que non.

Pourquoi y a-t-il désormais une diversification entre des directions qui coïncident avec une région et d’autres qui sont rattachées à des instituts autonomes ? Et en quoi consiste cette différence ?

Même si, à ma connaissance, aucun document de planification n’a été rendu public à ce sujet et que nous procédons donc par déduction, les DrMn coïncident toujours avec le territoire des régions, si ce n’est que certaines contiennent tous les musées d’État, tandis que d’autres ne contiennent que les musées “résiduels” après que d’autres ont été fusionnés avec un ou plusieurs musées autonomes. Dans le cas de la Ligurie (et du Frioul-Vénétie Julienne, de l’Ombrie, des Marches et du Molise), le DRM, qui les contient tous, était déjà relié au musée autonome de la région par l’intermédiaire d’un seul directeur. Les regrouper dans un seul budget était donc plus simple que la plupart des autres changements envisagés dans la réforme actuelle. La logique générale, à laquelle je souscris largement, consiste à créer des réseaux plus petits et plus faciles à gérer. Pour comprendre les différences entre les divers regroupements, il faudrait les analyser en profondeur, mais il existe un facteur commun très important, l’autonomie budgétaire, qui permet une bien meilleure planification des dépenses et donc du travail.

Amphithéâtre de Luni
Amphithéâtre de Luni
Sarzana, forteresse de Firmafede
Sarzana, forteresse de Firmafede
Château de San Terenzo
Château de San Terenzo
Musée archéologique de Chiavari
Musée archéologique de Chiavari
San Remo, Forte Santa Tecla
San Remo, Forte Santa Tecla
Site archéologique des Balzi Rossi, Vintimille
Site archéologique des Balzi Rossi, Vintimille

Les agrégations ont donc lieu exclusivement avec des musées ou des parcs de niveau de gestion non général. Y a-t-il une raison pour laquelle les DrMn n’ont pas été regroupés avec les instituts autonomes “plus forts” de premier niveau ?

Sauf cas particulier, il y aurait un trop grand saut d’échelle entre un musée de premier rang et ceux qui sont disséminés sur le territoire. Déjà, l’écart entre le musée autonome de deuxième niveau et la propriété unique de plus petite taille est souvent considérable. Le défi actuel est de faire grandir les petits musées, d’en faire des pôles sur les territoires du système muséal national, de les ouvrir de plus en plus et de les faire vivre aux citoyens tout en assurant la diversification du tourisme. N’oublions pas qu’il n’y a souvent pas de personnel de l’État dans des lieux parfois très périphériques, et qu’il n’est souvent pas facile de les maintenir ouverts. Dans de nombreux cas, il est plus logique que le musée très périphérique se connecte aux musées locaux, formant ainsi de petits réseaux (et dans ce sens, la contribution des régions pour les soutenir serait fondamentale). Cela s’explique également par le fait que les musées de premier ordre sont souvent issus de collections dynastiques, tandis que les musées locaux peuvent avoir des histoires très différentes.

Les fusions seront-elles également utiles pour générer des économies d’échelle, avec le partage de services, d’équipements, de compétences professionnelles ?

Certainement oui, même si ce chemin vertueux dans les régions mentionnées plus haut, y compris la Ligurie, était déjà actif auparavant. Par exemple, nous avons utilisé les ressources beaucoup plus importantes du Musée autonome (Palazzo Reale à Gênes) pour organiser une exposition qui a fait connaître l’histoire de Luni, le site le plus important du DRM, à Gênes et à l’échelle nationale.

Dans cette perspective de réseau (si elle est effective), existe-t-il des moments d’échange, tels que des tables rondes techniques convoquées avec une certaine régularité, entre vous, directeurs, pour comparer les différentes expériences ? Reproduire les expériences réussies, résoudre des problèmes communs ou partager des modèles et des projets ?

Ces derniers temps, il y a eu des moments de confrontation, en particulier sur le sujet des dépenses du PNRR, qui nous concerne tous et qui est très complexe. Sinon, nous nous parlons souvent de manière informelle.

Selon vous, qu’est-ce qui changera avec la nouvelle autonomie par rapport au passé ? Concrètement, d’un point de vue financier.

Avec l’autonomie budgétaire, il y a un changement dans la planification des dépenses, qui deviennent beaucoup plus agiles et peuvent être réparties sur toute l’année, au lieu de s’étaler d’avril-mai à début décembre, comme c’est le cas avec les systèmes comptables traditionnels de l’État. Recevoir des contributions et des parrainages, ou réutiliser des revenus, est beaucoup plus simple, même si la budgétisation présente évidemment aussi une grande complexité. Il n’en reste pas moins que le grand élan donné aux musées autonomes ces dernières années leur a permis de se développer considérablement à tous égards : non seulement les visiteurs ont augmenté, mais aussi toute la production culturelle qui se déroule au sein des musées sous les formes les plus diverses. Pour que les petits musées puissent se développer avec le même élan, il faut qu’ils soient dotés financièrement de manière plus importante qu’ils ne l’ont été jusqu’à présent, et ce pour tous les aspects de leur fonctionnement, afin que la dotation initiale serve ensuite de moteur à la croissance et donc, au moins en partie, à l’autosuffisance. Toutefois, en ces temps difficiles pour les budgets publics, nous ne savons pas dans quelle mesure cet espoir pourra se concrétiser.


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