LaFondation Marconi et le Gió Marconi de Milan accueillent jusqu’au 11 juillet l’exposition Valerio Adami. Laboratorio, un hommage dédié à Valerio Adami en collaboration avec l’Archivio Valerio Adami, soixante ans après sa première apparition au Studio Marconi de Milan et quatre-vingt-dix ans après sa naissance.Adami, l’un des artistes italiens les plus importants de l’après-guerre et figure centrale de la Figurazione Narrativa, est connu pour ses peintures aux couleurs vives et sa capacité à dépeindre la société moderne à travers un langage visuel unique.
Combinant formes plates, couleurs saturées et contours nets, il insère dans les années 1960 des éléments de la vie quotidienne dans la structure narrative, créant des relations nouvelles et inattendues entre eux et offrant une vision critique et innovante de la réalité. L’exposition se propose d’étudier une période cruciale de la production de Valerio Adami, de 1962 au début des années 1970, à travers un itinéraire thématique étroitement lié aux voyages et aux lieux que l’artiste a visités au cours de ces années. Suivant un ordre chronologique, l’exposition vise à mettre en évidence l’influence des atmosphères de ces lieux sur son travail et son processus créatif.
Le premier chapitre est consacré à Londres, ville qu’Adami a visitée pour la première fois en 1962. Pendant son séjour, il entre en contact avec des artistes tels que Graham Sutherland, Jim Dine et Richard Hamilton, des figures qui exercent une profonde influence sur son travail. Bien que n’étant pas un fan de bandes dessinées, Adami montre un intérêt certain pour l’introduction du “son” dans son travail, à travers l’utilisation de mots onomatopéiques inspirés du langage visuel des bandes dessinées et de la musique contemporaine de Bruno Maderna et Luciano Berio.
À la même époque, Adami s’installe avec sa femme et artiste Camilla Cantoni dans la grande Villa Cantoni à Arona. Cette maison-villa au bord du lac Majeur devient rapidement un lieu de rencontre pour les intellectuels et les artistes, parmi lesquels Jacques Derrida, Édouard Glissant, Errò, Keizo Morishita, Titina Maselli, Eduardo Arroyo et Carlos Fuentes. À l’intérieur de la Villa Cantoni, Valerio Adami a également installé son atelier, où il s’est consacré à la peinture et a réalisé le film Vacanze nel deserto (1971), qui sera présenté à l’exposition. Tourné dans le style de la Nouvelle Vague, le film est le fruit d’une collaboration entre Valerio Adami et son frère Giancarlo Romani Adami, réalisateur expérimental et assistant de Federico Fellini sur le tournage de La Dolce Vita, et met en scène, entre autres, Dino Buzzati, Aldo Mondino et Errò.
Un autre thème particulièrement cher à Valerio Adami est celui des voitures, étroitement lié à sa passion pour la vitesse, à tel point qu’en 1963, l’artiste s’inscrit dans une école de conduite à grande vitesse, où il a pour professeur Pietro Taruffi. En hommage à ce penchant, une salle du rez-de-chaussée de l’exposition est entièrement consacrée au thème de l’automobile, avec une attention particulière pour la représentation du “car crash”. La section présente une série d’œuvres réalisées entre 1963 et 1964, dont une grande toile jamais exposée auparavant.
Le voyage se poursuit avec une halte à Paris, qui devient sa ville de prédilection. L’artiste y approfondit le thème des intérieurs urbains, intimement lié à l’exploration de la psyché humaine. Cette recherche s’exprime dans des œuvres emblématiques telles que Privacy. Homosexuels et Scène bourgeoise. A Good-hearted Maid, où la déflagration des corps et la décomposition de l’image, éléments distinctifs du style de l’Adami à cette époque, émergent fortement. Paris est aussi l’occasion de rencontrer Carlos Franqui, poète et journaliste qui s’est illustré dans la révolution cubaine aux côtés de Fidel Castro. Ce lien a conduit l’Adami à se rendre à Cuba en 1967, à une période historique cruciale pour l’île, marquée par un vif bouillonnement culturel dans le contexte post-révolutionnaire.
Après les “intérieurs” de Paris, caractérisés par de délicates couleurs pastel, l’exposition se termine par les “extérieurs” de New York, où les tons deviennent plus sombres et la palette de couleurs plus foncée, reflétant l’atmosphère de la métropole.
Valerio et Camilla Adami se sont installés à New York en 1966 et ont séjourné à l’hôtel Chelsea. C’est là qu’ils sont entrés en contact avec le milieu underground de la ville, fréquentant une scène artistique vibrante et rencontrant des personnalités telles que Saul Steinberg, Ray Johnson et le poète Allen Ginsberg. Dans cette phase, l’artiste explore la photographie comme un nouveau médium, en l’intégrant au dessin, une pratique qu’Adami utilise habituellement pour concevoir la composition de ses toiles. Avec son appareil photo, il capture des fragments sériels de la ville, créant ainsi une véritable archive visuelle dans laquelle il puisera pour nombre de ses futures œuvres, à l’instar des milliers d’images qu’il a découpées dans des journaux et des livres au cours de sa vie. L’exposition présente une sélection de photographies prises dans les rues de New York, représentant des vitrines de magasins, des chambres d’hôtel, des toilettes publiques et des stations de métro. Ces images ont donné naissance à certaines de ses œuvres les plus célèbres, telles que Latrine in Times Square (dont une version est présentée dans l’exposition) et Hotel Chelsea Bathroom.
L’exposition, répartie sur trois étages de l’espace d’exposition, propose au public une large sélection d’œuvres, parmi lesquelles des toiles, des dessins, des photographies, du matériel d’archives et le film Vacanze nel deserto, lui permettant de découvrir l’évolution du langage visuel d’Adami et l’esprit d’expérimentation continu de ces années.
Un autre exemple de cette recherche artistique est étroitement lié à la ville de Milan, autre lieu clé de la carrière de Valerio Adami. Milan représente un carrefour essentiel dans sa carrière, mêlant profondément sa figure à celle du galeriste Giorgio Marconi, avec lequel il établit un lien indissoluble. L’artiste fait ses débuts dans la galerie milanaise en 1965 dans le cadre d’une exposition de groupe, puis réalise sa première exposition personnelle en 1969. Cet événement mémorable se caractérise par une installation unique : un match de boxe sur un ring construit dans le sous-sol du Studio Marconi, régulièrement annoncé par la Gazzetta dello Sport. La position du ring permet aux spectateurs d’assister à la fois au match et à la grande œuvre intitulée Boxing Ring, créant un dialogue sans précédent entre la peinture et la performance.
L’année suivante, en 1970, le Studio Marconi accueille une nouvelle intervention expérimentale de Valerio Adami, qui présente une véritable exposition photographique dans le cadre du cycle d’expositions appelé Laboratorio, dont celle d’Adami est la deuxième. En 1972, toujours sous l’égide du Studio Marconi, paraît le disque Concerto per un quadro di Valerio Adami, un enregistrement résultant de la conversation entre l’artiste et le critique afro-américain Henry Martin sur le tableau L’Université de Leipzig à l’époque de Nietzsche.
Pour toute information, vous pouvez appeler le +39 02 29404373, envoyer un courriel à info@giomarconi.com, ou visiter le site officiel de Gió Marconi.
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Giò Marconi accueille l'atelier de Valerio Adami à l'occasion du 90e anniversaire de sa naissance |
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